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Santé des femmes au travail : entre silence et discrimination
Stigmatisation de la ménopause au travail : quelles conséquences ?
La ménopause est un sujet encore tabou dans la société, et parfois même au sein du foyer. Ce silence empêche souvent les femmes d’aller consulter et d’aborder leurs maux avec un.e professionnel.le de santé.
Par manque de connaissance, elles ne reconnaissent parfois pas leurs propres symptômes, les associent à une maladie ou un coup de fatigue, alors qu’il s’agit d’une véritable transition hormonale.
Et dans le monde du travail, le constat est le même. La ménopause est la grande oubliée : absente des enjeux RH, des initiatives de santé et qualité de vie au travail et des campagnes de sensibilisation. Pourtant, 51 % des femmes considèrent que les symptômes de la ménopause ont des conséquences concrètes sur leur travail. [1]
Selon la Fondation Canadienne pour la ménopause, au moins une femme sur quatre n’aborde jamais le sujet sur son lieu de travail. [2]
Mais à qui en parler ? Comment éviter les comportements stigmatisants de son manager ou de ses collègues ? Dans cet article, on vous explique pourquoi le sujet de la ménopause est encore si peu adressé en entreprise et on vous partage des solutions concrètes pour enfin lever le silence.

Si la ménopause n’est jamais abordée au travail, c’est parce que la santé des femmes n’est jamais considérée dans la sphère professionnelle. 35 % des françaises considèrent d’ailleurs que leur santé n’est pas suffisamment prise en compte par les politiques et les dispositifs actuels. [3]
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que la santé prend en compte le bien-être physique, mental et social. Trois dimensions qui chevauchent largement la sphère professionnelle. [4]
Pourtant, aucun de ces pans n’est adressé par les entreprises :
Ces chiffres alarmants sont le résultat d’un manque de considération pour les femmes et les spécificités de leur santé. Pour leur proposer des conditions de travail satisfaisantes, il est indispensable d’adopter une approche différenciée.
Si la santé des femmes est si peu adressée au travail, c’est aussi et surtout parce que la sphère professionnelle est adaptée à la réalité des hommes. Équipements, horaires, charge de travail, rythme, fiches de postes… Le cadre est toujours posé sur un référentiel masculin.
Il en est de même pour évaluer les critères de pénibilité d’un poste.
Hors, la santé des femmes nécessite une approche spécifique, car leur réalité biologique et hormonale est bien différente de celle des hommes.
C’est d’ailleurs la seconde recommandation sur Sénat dans un rapport parlementaire
“Faire de l’approche genrée de la santé au travail et de la conception de politiques de prévention spécifiquement dédiées aux femmes, un des axes stratégiques principaux du prochain PST (2026-2030)” [6]
Dans le même document, le Sénat nous invite d’ailleurs à “chausser systématiquement les lunettes du genre” car “différencier n’est pas discriminer.”
Pour passer à l’action, il faut des moyens et du temps pour investiguer davantage la santé des femmes et mettre enfin en place des référentiels genrés. Pour l’instant, force est de constater que le bien-être des femmes au travail n’a pas été identifié comme une priorité gouvernementale.
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Si la ménopause reste si peu abordée en entreprise, ce n’est pas uniquement par mauvaise volonté. Le silence est le résultat d’un enchevêtrement de méconnaissance, de gêne et d’angles morts structurels dans la manière dont nous pensons la santé au travail.
La ménopause demeure un sujet encore trop peu investigué, y compris dans le champ médical. Si les chercheurs et les soignants commencent à s’en saisir davantage, le retard accumulé est réel. Et ce manque d’information se répercute directement sur les femmes elles-mêmes.
Certaines ne parviennent pas à identifier leurs propres symptômes. Fatigue extrême, troubles du sommeil, sautes d’humeur, douleurs diffuses, perte de confiance… Beaucoup attribuent ces manifestations au stress, à l’âge ou à une fragilité personnelle, sans faire le lien avec la transition hormonale en cours.
Le témoignage du Dr Olivier Chevalier, partagé sur l’Instagram d’Omena, illustre bien ce décalage :
“Je l’ai vu changer, je la connaissais très dynamique et solaire et presque du jour au lendemain, je ne la reconnaissais pas. Elle a perdu sa joie de vivre, est même tombée en dépression. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je n’avais pas du tout conscience que la ménopause pouvait avoir des conséquences aussi dévastatrices au quotidien.”
Même au sein du couple, l’incompréhension peut être totale. Comment imaginer que le monde professionnel soit mieux armé ?
Dans une enquête gouvernementale, une autre femme témoigne :
“Personne ne m'avait parlé de la pré ménopause, des symptômes et quand j'ai cherché à en parler, j'ai bien senti la gêne et n'ai eu aucun renseignement, j'ai donc attendu de voir ma gynéco. Je trouve cela déplorable, car pour ma part j'ai vécu un an et demi de calvaire, bouffée de chaleur jour, nuit, réveillée 6 à 7 fois par nuit, douleur musculaire, changement au niveau libido difficile à accepter pour moi, mauvaise humeur et migraine, beaucoup de fatigue. Je travaille en jours et horaires décalés comme conductrice de bus urbain et j'avais des coups de barre qui venaient toujours à partir de 17, 18 heures et j'ai dû faire avec.” [7]
Quand les femmes elles-mêmes n’identifient pas ce qu’elles traversent, il est logique qu’elles ne formulent pas de demande d’aménagement ou d’accompagnement. Le besoin existe, mais il n’est pas nommé.
Si la ménopause est si peu abordée au travail, c’est aussi parce qu’elle est spontanément classée dans la catégorie des sujets “intimes”. Managers et responsables RH hésitent à franchir cette frontière, par peur d’être intrusifs ou maladroits.
Pourtant, 87 % des femmes déclarent souffrir d’au moins un symptôme lié à la ménopause. [8] On parle ici de manifestations physiques, psychiques et métaboliques : troubles du sommeil, douleurs articulaires, fatigue chronique, anxiété, difficultés de concentration…
Certains symptômes restent particulièrement tabous, comme ceux liés au syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), qui concernerait une femme sur deux. [9] Troubles urinaires, douleurs lors des rapports, inconfort permanent : oui, cela relève de l’intime. Mais les conséquences dépassent largement la chambre à coucher.
Une femme qui se lève plusieurs fois par nuit pour uriner, qui dort mal depuis des mois, qui souffre de douleurs chroniques ou de brûlures, arrive au travail avec une dette de sommeil et une charge mentale considérable. Cela impacte la concentration, la prise de décision, la gestion du stress.
Continuer à considérer la ménopause comme un “problème de femmes” revient à ignorer ses répercussions organisationnelles. Ce n’est pas un sujet périphérique, c’est un enjeu de santé au travail à part entière.
Omena accompagne les entreprises pour améliorer la qualité de vie des femmes de 45 ans et plus en réduisant les impacts de la ménopause..
Les référentiels de travail restent majoritairement construits sur un modèle masculin. Horaires, rythmes, organisation des tâches, critères de pénibilité… tout est pensé comme si les réalités biologiques étaient neutres.
Or, en ménopause, les symptômes ne sont pas anecdotiques. Ils sont physiques, mais aussi psychiques et cognitifs. [10]
Ces chiffres ne traduisent pas une fragilité individuelle. Ils décrivent les conséquences objectives d’une carence hormonale.
Au Royaume-Uni, les troubles musculo-squelettiques constituent l’une des premières causes de congés chez les femmes en milieu de carrière, lorsque les postes ou les conditions de travail deviennent trop douloureux ou inadaptés.
Continuer à ignorer ces réalités revient à maintenir des environnements professionnels qui demandent aux femmes de “faire avec”, au prix d’un surcroît d’effort invisible.
Les conséquences dépassent le simple inconfort. Environ 10 % des femmes déclarent avoir quitté leur emploi parce que les conditions de travail n’étaient pas adaptées à leur état de santé. 10 % estiment que la ménopause a freiné leurs ambitions professionnelles.
Nous parlons ici de femmes expérimentées, compétentes, souvent à des postes stratégiques. Des profils qui maîtrisent leur métier, savent gérer le stress, prendre des décisions, encadrer des équipes.
Et pourtant, faute d’accompagnement, certaines se retirent progressivement du marché du travail. D’autres renoncent à des opportunités, déclinent des promotions, se mettent en retrait. La perte de confiance s’installe : sentiment d’être moins performantes, moins légitimes, moins comprises.
Ce décrochage n’est pas une fatalité biologique. Il est le résultat d’un environnement qui ne reconnaît pas leurs besoins spécifiques.
À l’heure où les entreprises peinent à recruter et à fidéliser les talents, laisser partir des collaboratrices expérimentées pour un sujet non adressé est un non-sens stratégique.
Au-delà des trajectoires individuelles, l’impact est aussi économique.
On estime à 150 millions de dollars par an les pertes de productivité liées à la ménopause non prise en charge. Les coûts de santé des femmes de plus de 45 ans sont supérieurs de 144 % à ceux des femmes plus jeunes.
Au Japon, pays confronté au vieillissement démographique, la perte économique liée à la ménopause est évaluée à 11 milliards d’euros par an. [12]
Absentéisme, présentéisme, baisse de productivité, démotivation, renoncement à des responsabilités, démissions silencieuses… Le coût cumulé est considérable.
La question n’est donc pas seulement sociale ou éthique. Elle est stratégique.
Investir dans la santé des collaboratrices en milieu de carrière, c’est protéger l’expérience, la transmission, la stabilité des équipes. C’est aussi envoyer un signal clair : la performance ne se construit pas contre la santé, mais avec elle.
Le silence autour de la ménopause au travail a des conséquences concrètes. Faute d’information claire et d’espace de dialogue, 57 % des femmes déclarent avoir déjà pris une mauvaise décision concernant leur santé, en se tournant vers des sources peu fiables.
Ce chiffre doit interpeller les organisations. Lorsqu’un sujet de santé majeur reste tabou, il fragilise les collaboratrices et expose l’entreprise à des pertes évitables.
Lever le tabou, former les managers et intégrer la ménopause aux politiques de santé au travail, ce n’est pas créer un traitement à part. C’est adapter l’environnement professionnel à une réalité qui concerne une part significative des talents et sécuriser, sur le long terme, leur engagement et leur performance.
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Coline Levin
Rédactrice spécialisée en santé de la femme
Sources
[1] Menopause and the Workplace, Fawcett, 2022
[2] Ménopause et vie professionnelle au Canada, Fondation Canadienne de la Ménopause
[3] Les Françaises et leur santé – Baromètre Femmes de Santé 2025, CSA Research, 2025
[4] Vos questions les plus fréquentes, Organisation Mondiale de la Santé
[5] Photographie statistique de la sinistralité au travail en France selon le sexe, ANACT, 2022
[6] Recommandations droit des femmes et santé au travail, Sénat
[7] La ménopause en France : 25 propositions pour enfin trouver le chemin de l’action Stéphanie Rist Députée de la 1ère circonscription du Loiret, 2025
[8] Dossier Ménopause, Inserm, 2023
[9] Le syndrome génito-urinaire de la ménopause, professeur Claude Hocké
[10] Menopause in the workplace, Women’s health concern
[11] Report, Women’s health economic : investing in the 51 per cent, Bridget Gorham, Olivia Langham
[12] Asia's menopause challenge: The economic case for better female health, Aging societies from Japan to Singapore rush to safeguard mature women's wellness

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