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Comment savoir si vous souffrez de déminéralisation osseuse en ménopause ?
La prise en charge de la déminéralisation osseuse en ménopause

On entend beaucoup parler d'ostéoporose à la ménopause, mais beaucoup moins de ce qui la précède : la déminéralisation osseuse. Pourtant, c'est à ce stade que tout se joue. Comprendre ce qui se passe dans vos os dès la périménopause, c'est vous donner les moyens d'agir avant que la situation ne s'aggrave.
Bonne nouvelle : la déminéralisation osseuse n'est pas une fatalité. Elle se dépiste, elle se prend en charge, et votre hygiène de vie a un vrai rôle à jouer. On vous explique tout.
La déminéralisation osseuse désigne, tout simplement, une réduction de la masse minérale de l'os. Pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord rappeler que l'os est un tissu vivant, en perpétuel mouvement. Il se détruit, se reconstruit, en permanence, tout au long de votre vie. Ce mécanisme s'appelle le remodelage osseux, et il implique deux types de cellules :
En temps normal, les deux s'équilibrent. Mais il peut arriver que la résorption prenne le dessus sur la reconstruction. C'est précisément ce déséquilibre qui entraîne une perte de densité osseuse : on parle alors de déminéralisation. [1]
Ce phénomène est naturel avec l'âge. La masse osseuse atteint son pic vers 20 ans, se stabilise pendant quelques années, puis commence à diminuer progressivement à partir de la trentaine. À 80 ans, les femmes ont perdu près de 40 % de leur masse osseuse, contre seulement un quart pour les hommes du même âge.
Pourquoi une telle différence ? En grande partie à cause de la ménopause.
La chute des œstrogènes qui survient à cette période joue un rôle central dans ce processus. Les œstrogènes ne sont pas seulement des hormones sexuelles : elles interviennent directement dans la régulation du remodelage osseux, en freinant l'activité des ostéoclastes. Lorsqu'elles viennent à manquer, la résorption osseuse s'emballe, et le calcium est libéré dans le sang de façon excessive. La ménopause s'accompagne ainsi d'une déminéralisation osseuse, d'une hypercalciurie et d'un bilan négatif en calcium. [1]
Résultat : les os se fragilisent plus vite. La perte osseuse est particulièrement intense dans les 3 à 5 premières années qui suivent la ménopause, avant de ralentir progressivement.
C'est ici qu'il faut introduire une nuance importante, souvent mal comprise.
La déminéralisation osseuse évolue en plusieurs stades.
Le premier, appelé ostéopénie, est une perte de densité osseuse qui reste modérée : les os sont fragilisés, mais pas encore au point d'engager un traitement médicamenteux. L'ostéopénie concerne environ 50 % des femmes dans les 10 à 15 ans suivant la ménopause.
Le second stade, l'ostéoporose, est plus avancé. On parle d'ostéoporose lorsque la perte de densité osseuse dépasse un certain seuil, exposant la femme à un risque élevé de fractures. L'ostéoporose post-ménopausique est la forme la plus répandue d'ostéoporose, et elle touche jusqu'à 30 % des femmes ménopausées en Europe. À l'échelle mondiale, on estime à 200 millions le nombre de personnes concernées. [2]
Ces deux stades sont évalués grâce à un examen médical spécifique que nous allons détailler : l'ostéodensitométrie.
À retenir : la déminéralisation osseuse n'est pas une maladie en soi, mais un continuum. Plus elle est dépistée tôt, plus il est facile de l'enrayer.
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C'est là que réside toute la difficulté : pendant longtemps, la déminéralisation osseuse reste silencieuse. Pas de douleur, pas de signal d'alarme évident. Ce n'est souvent qu'aux stades avancés que des symptômes apparaissent, principalement sous forme de fractures survenant pour des traumatismes minimes, voire spontanément. [1]
Les fractures liées à l'ostéoporose ont des localisations caractéristiques :
D'autres signes peuvent vous alerter : des douleurs chroniques dans le dos, une fatigue plus importante lors de la marche, ou une sensation de fragilité générale. Si vous avez des doutes, n'attendez pas la fracture pour consulter.
L'examen de référence pour dépister la déminéralisation osseuse est l'ostéodensitométrie (ou DXA). C'est un examen indolore, non invasif, qui utilise des rayons X à faible dose pour mesurer la densité minérale osseuse (DMO) au niveau de la hanche, des vertèbres lombaires et parfois du poignet. [1]
Le résultat est exprimé en T-score, qui compare votre densité osseuse à celle d'un adulte jeune de même sexe. Voici comment l'interpréter :
L'ostéodensitométrie n'est pas systématique pour toutes les femmes ménopausées, mais elle sera recommandée si vous présentez des facteurs de risque :
À noter : il n'existe pas de bilan sanguin spécifique pour diagnostiquer l'ostéopénie ou l'ostéoporose. Le calcium sanguin peut rester normal même en présence d'une déminéralisation avancée. Seule la densitométrie permet de poser le diagnostic avec précision. [1]

La prise en charge dépend du stade de déminéralisation et des facteurs de risque de chaque femme.
En cas d'ostéopénie, aucun traitement médicamenteux n'est systématiquement prescrit. L'objectif est avant tout de prévenir l'aggravation grâce à des mesures d'hygiène de vie (voir ci-dessous).
En cas d'ostéoporose, plusieurs traitements médicamenteux sont disponibles.
Le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM) est souvent recommandé en première intention, en particulier chez les femmes en début de ménopause qui présentent également des troubles climatériques (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes). Il s'agit du traitement le plus physiologique : il réduit l'hyper-remodelage osseux et préserve la micro-architecture osseuse en compensant la carence en œstrogènes. [2]
Les données sont particulièrement convaincantes : selon l'étude WHI, le THM réduit le risque de fracture de 33 % à la hanche, de 35 % aux vertèbres et de 29 % au poignet. Il est plus efficace lorsqu'il est initié tôt, dans les premières années suivant la ménopause, et sa posologie optimale est de 2 mg de 17-bêta-estradiol par voie orale ou de 50 μg par voie transdermique. [2]
À l'arrêt du THM, la perte osseuse reprend, à un rythme comparable à celui observé au moment de la ménopause. C'est pourquoi le risque relatif de fracture double dans les deux ans qui suivent l'arrêt du traitement. Cela doit être pris en compte dans la décision de le poursuivre ou non, en concertation avec le médecin.
Lorsque le THM n'est pas indiqué ou est refusé, d'autres traitements médicamenteux peuvent être proposés :
Dans tous les cas, avant d'initier un traitement médicamenteux, le médecin s'assurera de l'absence de carence en vitamine D ou en calcium, qui devront être corrigées en priorité.
Bonne nouvelle : votre mode de vie a un impact réel sur votre densité osseuse, et il n'est jamais trop tard pour agir.
La sédentarité est l'ennemie de vos os. À l'inverse, l'activité physique régulière stimule le remodelage osseux, entretient la masse musculaire et améliore l'équilibre, ce qui réduit le risque de chute et donc de fractures.
Pas besoin d'intensité extrême. La régularité prime sur la performance. La marche, le yoga, la natation ou le vélo sont d'excellents points de départ. Pour aller plus loin, les sports avec charge ou contre résistance (renforcement musculaire, Pilates Reformer) sont particulièrement recommandés pour leur action directe sur la densité osseuse.
Le calcium est le principal constituant de l'os. Or, beaucoup de femmes n'en consomment pas assez. Les besoins quotidiens sont estimés à 950 mg par jour pour les femmes de plus de 24 ans selon l'ANSES.
Les meilleures sources alimentaires : produits laitiers, légumes à feuilles vertes (persil, brocolis, épinards, fenouil), eau minérale calcique, amandes et graines de sésame.
La vitamine D est tout aussi essentielle : elle permet la fixation du calcium sur les os. Or elle est difficile à obtenir uniquement par l'alimentation (poissons gras). L'exposition solaire reste la meilleure source, mais insuffisante en hiver. Une supplémentation de octobre à mars est souvent recommandée, surtout si vous vivez dans une région peu ensoleillée.
Côté équilibre acido-basique, les fruits et légumes jouent un rôle protecteur : ils préviennent l'acidose chronique, qui peut pousser l'organisme à puiser dans ses réserves calciques osseuses pour se neutraliser.
Tabac, alcool et sédentarité sont les trois principaux ennemis de votre capital osseux. Le tabac, en particulier, diminue la réponse aux œstrogènes et accélère la perte osseuse. L'arrêt du tabac est une des mesures les plus efficaces pour protéger vos os, indépendamment de tout traitement.
La question mérite d'être posée. Les compléments alimentaires ne se substituent en aucun cas à un traitement médical prescrit, mais ils peuvent constituer un soutien utile si votre alimentation est insuffisante.
Deux compléments font l'objet d'un consensus médical solide dans le domaine osseux :
D'autres micronutriments peuvent compléter l'action du calcium et de la vitamine D : le magnésium, la vitamine K2 (qui oriente le calcium vers les os plutôt que vers les artères) et le silicium organique (impliqué dans la synthèse du collagène osseux). Leur efficacité dans la prévention des fractures est moins bien documentée, mais ils s'inscrivent dans une logique globale de soutien osseux.
En revanche, la prudence s'impose face aux allégations marketing de certains compléments "spécial ménopause et os". La qualité des formulations varie considérablement. Avant tout achat, parlez-en à votre médecin ou pharmacien.
La déminéralisation osseuse est une réalité silencieuse mais bien réelle à partir de la périménopause. Elle ne fait pas de bruit tant qu'elle n'a pas atteint un stade avancé, et c'est précisément pour ça qu'il faut agir tôt. Dépistage, hygiène de vie adaptée, suivi médical régulier : voilà les trois piliers d'une prise en charge efficace. Vos os vous remercieront d'y avoir pensé maintenant.
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C'est une réduction progressive de la masse minérale de l'os, liée à un déséquilibre entre la résorption et la reconstruction osseuse. Ce phénomène s'accélère naturellement à la ménopause avec la chute des œstrogènes.
La déminéralisation osseuse est le terme général qui désigne la perte de densité osseuse. L'ostéopénie en est le premier stade (T-score entre -1 et -2,5), et l'ostéoporose le stade avancé (T-score inférieur à -2,5), avec un risque de fracture significativement accru.
La déminéralisation osseuse est souvent silencieuse. L'examen de référence est l'ostéodensitométrie (DXA), qui mesure votre densité minérale osseuse et exprime le résultat sous forme de T-score. Votre médecin peut vous le prescrire si vous présentez des facteurs de risque.
La perte osseuse est la plus intense dans les 3 à 5 premières années suivant la ménopause. Elle ralentit ensuite progressivement, mais reste supérieure à celle observée avant la ménopause.
Oui. Le THM réduit le risque de fracture de façon significative, notamment de 33 % à la hanche et de 35 % aux vertèbres selon l'étude WHI. Il est particulièrement efficace lorsqu'il est initié tôt, dès le début de la ménopause, et en présence de symptômes climatériques associés.
Les aliments riches en calcium (produits laitiers, légumes verts à feuilles, eaux minérales calciques) et en vitamine D (poissons gras, œufs) sont à privilégier. Fruits et légumes contribuent également à l'équilibre acido-basique, essentiel à la préservation du capital osseux.
Les compléments en calcium et en vitamine D peuvent être utiles en cas de déficit alimentaire avéré. Ils ne remplacent pas un traitement médical prescrit, mais constituent un soutien complémentaire recommandé par de nombreux médecins, en particulier en période hivernale.
Absolument. L'activité physique, notamment les exercices avec charge ou contre résistance, stimule le remodelage osseux et entretient la masse musculaire protectrice. Elle réduit aussi le risque de chute, principale cause de fractures à la ménopause.

Coline Levin
Rédactrice spécialisée en santé de la femme
Sources
[1] La déminéralisation osseuse au cours des MICI - SFHGL
[2] Ostéoporose - symptômes, causes, traitements et prévention - VIDAL

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