Symptômes de ménopause

Déminéralisation osseuse en ménopause : de quoi s'agit-il ?

Sommaire

Comment savoir si vous souffrez de déminéralisation osseuse en ménopause ?

La prise en charge de la déminéralisation osseuse en ménopause

On entend beaucoup parler d'ostéoporose à la ménopause, mais beaucoup moins de ce qui la précède : la déminéralisation osseuse. Pourtant, c'est à ce stade que tout se joue. Comprendre ce qui se passe dans vos os dès la périménopause, c'est vous donner les moyens d'agir avant que la situation ne s'aggrave.

Bonne nouvelle : la déminéralisation osseuse n'est pas une fatalité. Elle se dépiste, elle se prend en charge, et votre hygiène de vie a un vrai rôle à jouer. On vous explique tout.

Ce qu'il faut savoir sur la déminéralisation osseuse

Qu'est-ce que la déminéralisation osseuse ?

La déminéralisation osseuse désigne, tout simplement, une réduction de la masse minérale de l'os. Pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord rappeler que l'os est un tissu vivant, en perpétuel mouvement. Il se détruit, se reconstruit, en permanence, tout au long de votre vie. Ce mécanisme s'appelle le remodelage osseux, et il implique deux types de cellules :

  • les ostéoclastes, qui dégradent l'os ancien (résorption osseuse),
  • les ostéoblastes, qui régénèrent l'os nouveau (formation osseuse).

En temps normal, les deux s'équilibrent. Mais il peut arriver que la résorption prenne le dessus sur la reconstruction. C'est précisément ce déséquilibre qui entraîne une perte de densité osseuse : on parle alors de déminéralisation. [1]

Ce phénomène est naturel avec l'âge. La masse osseuse atteint son pic vers 20 ans, se stabilise pendant quelques années, puis commence à diminuer progressivement à partir de la trentaine. À 80 ans, les femmes ont perdu près de 40 % de leur masse osseuse, contre seulement un quart pour les hommes du même âge.

Pourquoi une telle différence ? En grande partie à cause de la ménopause.

La chute des œstrogènes qui survient à cette période joue un rôle central dans ce processus. Les œstrogènes ne sont pas seulement des hormones sexuelles : elles interviennent directement dans la régulation du remodelage osseux, en freinant l'activité des ostéoclastes. Lorsqu'elles viennent à manquer, la résorption osseuse s'emballe, et le calcium est libéré dans le sang de façon excessive. La ménopause s'accompagne ainsi d'une déminéralisation osseuse, d'une hypercalciurie et d'un bilan négatif en calcium. [1]

Résultat : les os se fragilisent plus vite. La perte osseuse est particulièrement intense dans les 3 à 5 premières années qui suivent la ménopause, avant de ralentir progressivement.

Déminéralisation osseuse : à partir de quand parle-t-on d'ostéoporose ?

C'est ici qu'il faut introduire une nuance importante, souvent mal comprise.

La déminéralisation osseuse évolue en plusieurs stades. 

L’ostéopénie

Le premier, appelé ostéopénie, est une perte de densité osseuse qui reste modérée : les os sont fragilisés, mais pas encore au point d'engager un traitement médicamenteux. L'ostéopénie concerne environ 50 % des femmes dans les 10 à 15 ans suivant la ménopause.

L’ostéoporose

Le second stade, l'ostéoporose, est plus avancé. On parle d'ostéoporose lorsque la perte de densité osseuse dépasse un certain seuil, exposant la femme à un risque élevé de fractures. L'ostéoporose post-ménopausique est la forme la plus répandue d'ostéoporose, et elle touche jusqu'à 30 % des femmes ménopausées en Europe. À l'échelle mondiale, on estime à 200 millions le nombre de personnes concernées. [2]

Ces deux stades sont évalués grâce à un examen médical spécifique que nous allons détailler : l'ostéodensitométrie.

À retenir : la déminéralisation osseuse n'est pas une maladie en soi, mais un continuum. Plus elle est dépistée tôt, plus il est facile de l'enrayer.

4000 contenus en plus sur l’application Omena

  • 89 % de nos utilisatrices ont réduit leurs symptômes
  • 94 % ont appris des informations essentielles sur la (péri)ménopause.

Comment savoir si vous souffrez de déminéralisation osseuse ?

Les symptômes de la déminéralisation osseuse

C'est là que réside toute la difficulté : pendant longtemps, la déminéralisation osseuse reste silencieuse. Pas de douleur, pas de signal d'alarme évident. Ce n'est souvent qu'aux stades avancés que des symptômes apparaissent, principalement sous forme de fractures survenant pour des traumatismes minimes, voire spontanément. [1]

Les fractures liées à l'ostéoporose ont des localisations caractéristiques :

  • Les fractures du poignet sont souvent les premières à survenir. Les médecins les appellent d'ailleurs la "fracture-alarme" : elles constituent le premier signal d'une fragilité osseuse sous-jacente.
  • Les fractures vertébrales sont majoritairement asymptomatiques. Le seul signe visible est souvent une perte de taille (supérieure à 4 cm), ou une légère déformation du dos. Elles sont fréquemment découvertes de façon fortuite lors d'une radio ou d'un scanner.
  • Les fractures du col du fémur sont les plus sévères. Douloureuses, elles imposent souvent un alitement strict, et après 50 ans, une femme sur deux ne retrouve pas sa mobilité complète après une telle fracture (Inserm).

D'autres signes peuvent vous alerter : des douleurs chroniques dans le dos, une fatigue plus importante lors de la marche, ou une sensation de fragilité générale. Si vous avez des doutes, n'attendez pas la fracture pour consulter.

Le diagnostic

L'examen de référence pour dépister la déminéralisation osseuse est l'ostéodensitométrie (ou DXA). C'est un examen indolore, non invasif, qui utilise des rayons X à faible dose pour mesurer la densité minérale osseuse (DMO) au niveau de la hanche, des vertèbres lombaires et parfois du poignet. [1]

Le résultat est exprimé en T-score, qui compare votre densité osseuse à celle d'un adulte jeune de même sexe. Voici comment l'interpréter :

  • T-score supérieur à -1 : densité osseuse normale
  • T-score entre -1 et -2,5 : ostéopénie (déminéralisation modérée)
  • T-score inférieur ou égal à -2,5 : ostéoporose [2]

L'ostéodensitométrie n'est pas systématique pour toutes les femmes ménopausées, mais elle sera recommandée si vous présentez des facteurs de risque :

À noter : il n'existe pas de bilan sanguin spécifique pour diagnostiquer l'ostéopénie ou l'ostéoporose. Le calcium sanguin peut rester normal même en présence d'une déminéralisation avancée. Seule la densitométrie permet de poser le diagnostic avec précision. [1]

La prise en charge de la déminéralisation osseuse en ménopause

Les traitements adaptés

La prise en charge dépend du stade de déminéralisation et des facteurs de risque de chaque femme.

Traitements pour l’ostéopénie

En cas d'ostéopénie, aucun traitement médicamenteux n'est systématiquement prescrit. L'objectif est avant tout de prévenir l'aggravation grâce à des mesures d'hygiène de vie (voir ci-dessous).

Traitements pour l’ostéoporose

En cas d'ostéoporose, plusieurs traitements médicamenteux sont disponibles.

Le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM) est souvent recommandé en première intention, en particulier chez les femmes en début de ménopause qui présentent également des troubles climatériques (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes). Il s'agit du traitement le plus physiologique : il réduit l'hyper-remodelage osseux et préserve la micro-architecture osseuse en compensant la carence en œstrogènes. [2]

Les données sont particulièrement convaincantes : selon l'étude WHI, le THM réduit le risque de fracture de 33 % à la hanche, de 35 % aux vertèbres et de 29 % au poignet. Il est plus efficace lorsqu'il est initié tôt, dans les premières années suivant la ménopause, et sa posologie optimale est de 2 mg de 17-bêta-estradiol par voie orale ou de 50 μg par voie transdermique. [2]

À l'arrêt du THM, la perte osseuse reprend, à un rythme comparable à celui observé au moment de la ménopause. C'est pourquoi le risque relatif de fracture double dans les deux ans qui suivent l'arrêt du traitement. Cela doit être pris en compte dans la décision de le poursuivre ou non, en concertation avec le médecin.

Lorsque le THM n'est pas indiqué ou est refusé, d'autres traitements médicamenteux peuvent être proposés :

  • les bisphosphonates (alendronate, risédronate, zolédronate), qui freinent l'activité des ostéoclastes et réduisent significativement le risque de fracture,
  • le raloxifène, un modulateur des récepteurs aux œstrogènes, dont l'efficacité est démontrée principalement sur les fractures vertébrales,
  • le dénosumab, en seconde intention, en relais des bisphosphonates,
  • les analogues de la parathormone, dans les cas les plus sévères (au moins deux fractures vertébrales).

Dans tous les cas, avant d'initier un traitement médicamenteux, le médecin s'assurera de l'absence de carence en vitamine D ou en calcium, qui devront être corrigées en priorité.

Quelle hygiène de vie pour protéger ses os en ménopause ?

Bonne nouvelle : votre mode de vie a un impact réel sur votre densité osseuse, et il n'est jamais trop tard pour agir.

Bouger, c'est la priorité.

La sédentarité est l'ennemie de vos os. À l'inverse, l'activité physique régulière stimule le remodelage osseux, entretient la masse musculaire et améliore l'équilibre, ce qui réduit le risque de chute et donc de fractures.

Pas besoin d'intensité extrême. La régularité prime sur la performance. La marche, le yoga, la natation ou le vélo sont d'excellents points de départ. Pour aller plus loin, les sports avec charge ou contre résistance (renforcement musculaire, Pilates Reformer) sont particulièrement recommandés pour leur action directe sur la densité osseuse.

Soignez votre alimentation.

Le calcium est le principal constituant de l'os. Or, beaucoup de femmes n'en consomment pas assez. Les besoins quotidiens sont estimés à 950 mg par jour pour les femmes de plus de 24 ans selon l'ANSES.

Les meilleures sources alimentaires : produits laitiers, légumes à feuilles vertes (persil, brocolis, épinards, fenouil), eau minérale calcique, amandes et graines de sésame.

La vitamine D est tout aussi essentielle : elle permet la fixation du calcium sur les os. Or elle est difficile à obtenir uniquement par l'alimentation (poissons gras). L'exposition solaire reste la meilleure source, mais insuffisante en hiver. Une supplémentation de octobre à mars est souvent recommandée, surtout si vous vivez dans une région peu ensoleillée.

Côté équilibre acido-basique, les fruits et légumes jouent un rôle protecteur : ils préviennent l'acidose chronique, qui peut pousser l'organisme à puiser dans ses réserves calciques osseuses pour se neutraliser.

Limitez les facteurs aggravants.

Tabac, alcool et sédentarité sont les trois principaux ennemis de votre capital osseux. Le tabac, en particulier, diminue la réponse aux œstrogènes et accélère la perte osseuse. L'arrêt du tabac est une des mesures les plus efficaces pour protéger vos os, indépendamment de tout traitement.

Les compléments alimentaires : on y croit ?

La question mérite d'être posée. Les compléments alimentaires ne se substituent en aucun cas à un traitement médical prescrit, mais ils peuvent constituer un soutien utile si votre alimentation est insuffisante.

Deux compléments font l'objet d'un consensus médical solide dans le domaine osseux :

  • Le calcium : en cas de déficit alimentaire, une supplémentation peut être envisagée. Elle doit cependant rester ciblée, car un excès de calcium supplémenté (sans déficit avéré) n'apporte pas de bénéfice prouvé, et peut même présenter des risques cardiovasculaires.
  • La vitamine D : c'est le supplément le plus souvent recommandé aux femmes ménopausées. Son déficit est extrêmement fréquent, et son rôle dans la fixation du calcium est documenté. Une supplémentation quotidienne en automne-hiver est généralement conseillée, et peut être étendue toute l'année si vous sortez peu.

D'autres micronutriments peuvent compléter l'action du calcium et de la vitamine D : le magnésium, la vitamine K2 (qui oriente le calcium vers les os plutôt que vers les artères) et le silicium organique (impliqué dans la synthèse du collagène osseux). Leur efficacité dans la prévention des fractures est moins bien documentée, mais ils s'inscrivent dans une logique globale de soutien osseux.

En revanche, la prudence s'impose face aux allégations marketing de certains compléments "spécial ménopause et os". La qualité des formulations varie considérablement. Avant tout achat, parlez-en à votre médecin ou pharmacien.


La déminéralisation osseuse est une réalité silencieuse mais bien réelle à partir de la périménopause. Elle ne fait pas de bruit tant qu'elle n'a pas atteint un stade avancé, et c'est précisément pour ça qu'il faut agir tôt. Dépistage, hygiène de vie adaptée, suivi médical régulier : voilà les trois piliers d'une prise en charge efficace. Vos os vous remercieront d'y avoir pensé maintenant.

4000 contenus de plus exclusivement sur l’application Omena !

89 % de nos utilisatrices ont réduit leurs symptômes, et 94 % ont appris des informations essentielles sur la (péri)ménopause.

Commencez votre programme personnalisé aujourd'hui.

Questions fréquentes sur la déminéralisation osseuse à la ménopause

Qu'est-ce que la déminéralisation osseuse ? 

C'est une réduction progressive de la masse minérale de l'os, liée à un déséquilibre entre la résorption et la reconstruction osseuse. Ce phénomène s'accélère naturellement à la ménopause avec la chute des œstrogènes.

Quelle est la différence entre déminéralisation osseuse, ostéopénie et ostéoporose ? 

La déminéralisation osseuse est le terme général qui désigne la perte de densité osseuse. L'ostéopénie en est le premier stade (T-score entre -1 et -2,5), et l'ostéoporose le stade avancé (T-score inférieur à -2,5), avec un risque de fracture significativement accru.

Comment savoir si je souffre de déminéralisation osseuse ? 

La déminéralisation osseuse est souvent silencieuse. L'examen de référence est l'ostéodensitométrie (DXA), qui mesure votre densité minérale osseuse et exprime le résultat sous forme de T-score. Votre médecin peut vous le prescrire si vous présentez des facteurs de risque.

À quel moment de la ménopause la perte osseuse est-elle la plus rapide ? 

La perte osseuse est la plus intense dans les 3 à 5 premières années suivant la ménopause. Elle ralentit ensuite progressivement, mais reste supérieure à celle observée avant la ménopause.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) protège-t-il les os ? 

Oui. Le THM réduit le risque de fracture de façon significative, notamment de 33 % à la hanche et de 35 % aux vertèbres selon l'étude WHI. Il est particulièrement efficace lorsqu'il est initié tôt, dès le début de la ménopause, et en présence de symptômes climatériques associés.

Quels aliments aident à protéger les os à la ménopause ? 

Les aliments riches en calcium (produits laitiers, légumes verts à feuilles, eaux minérales calciques) et en vitamine D (poissons gras, œufs) sont à privilégier. Fruits et légumes contribuent également à l'équilibre acido-basique, essentiel à la préservation du capital osseux.


Les compléments alimentaires sont-ils efficaces contre la perte osseuse ? 

Les compléments en calcium et en vitamine D peuvent être utiles en cas de déficit alimentaire avéré. Ils ne remplacent pas un traitement médical prescrit, mais constituent un soutien complémentaire recommandé par de nombreux médecins, en particulier en période hivernale.

Le sport est-il bénéfique contre la déminéralisation osseuse ? 

Absolument. L'activité physique, notamment les exercices avec charge ou contre résistance, stimule le remodelage osseux et entretient la masse musculaire protectrice. Elle réduit aussi le risque de chute, principale cause de fractures à la ménopause.

Coline Levin

Rédactrice spécialisée en santé de la femme

Les articles qui pourraient vous intéresser

Andropause et bouffées de chaleur

Les bouffées de chaleur sont des sensations de chaleur qui peuvent toucher les femmes pendant la ménopause. Beaucoup d’hommes pensent...

Sport à la ménopause

La pratique d’une activité physique régulière est importante tout au long de la vie, mais en particulier au moment de la ménopause, pour de nombreuses raisons

L'andropause et consommation d'alcool

L'alcool est un des facteurs de risques d’aggravation des symptômes de l’andropause (libido, perte de masse musculaire, fatigue…)

4000 contenus de plus exclusivement sur l’application Omena!

94 % ont appris des informations essentielles sur la (péri)ménopause, et 89 % de nos utilisatrices ont réduit leurs symptômes.

Démarrez votre programme personnalisé aujourd'hui.

Inscrivez-vous à notre newsletter

pour tout savoir sur votre (péri)ménopause

Des conseils, de nouveaux contenus sur l’app... tout pour vous accompagner durant cette période de votre vie.


Pas de spam. Recevez des conseils 1 fois par semaine

Prête à vous sentir mieux dans votre (péri-)ménopause comme 250 000 utilisatrices d'Omena ? ?

Recevez votre programme personnalisé pendant 1 an avec -50% de réduction : 79,99€39,99€ (Offre jusqu'à ce week-end⏰)