Sommaire
Comment consommer la sauge en ménopause ?
Les dangers de la sauge en ménopause : ce qu'il faut vraiment savoir
Si vous êtes en préménopause ou ménopause, il y a de fortes chances que vous ayez déjà entendu parler de la sauge comme remède naturel contre les bouffées de chaleur. Tisane, gélules, teinture mère… la Salvia officinalis est aujourd'hui l'une des plantes médicinales les plus populaires pour soulager les symptômes de la ménopause.
Mais est-elle vraiment sans risque ? Peut-on en consommer librement, sans limites ? Et dans quels cas faut-il absolument éviter d'en prendre ?
Chez Omena, on croit que vous méritez des informations claires, fondées sur des données scientifiques, pour prendre des décisions en conscience. Alors on démêle le vrai du faux sur la sauge officinale en ménopause.

La sauge officinale (Salvia officinalis L.) est un arbuste vivace de la famille des Lamiacées, originaire du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen. Si vous l'avez déjà croisée dans votre cuisine pour parfumer un poulet rôti ou agrémenter une pasta, sachez qu'elle est utilisée en médecine depuis l'Antiquité pour traiter des dizaines de maux différents : inflammations, troubles digestifs, transpiration excessive, douleurs rhumatismales…
Ce qui la rend si intéressante d'un point de vue pharmacologique, c'est l'extraordinaire richesse de sa composition chimique. Plus de 120 composés ont été identifiés dans son huile essentielle. Parmi les plus actifs : l'acide rosmarinique, la lutéoline, la quercétine, le camphre, le cinéole… et la fameuse thuyone, un composé dont nous reparlerons. [1]
Les parties aériennes de la plante (feuilles, fleurs) concentrent la majorité des principes actifs. On les retrouve sous différentes formes sur le marché : tisane, extrait hydro-alcoolique, gélules d'extrait sec, teinture mère, et huile essentielle.
La popularité de la sauge à la ménopause n'est pas le fruit du hasard. Elle repose sur des mécanismes biologiques réels et, désormais, sur des données cliniques sérieuses.
La ménopause est marquée par une chute progressive des œstrogènes et de la progestérone. Cette carence hormonale déclenche un dérèglement du système vasomoteur qui se traduit par les fameuses bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : des symptômes qui concernent entre 40 et 70 % des femmes selon l’Inserm.
La sauge, elle, contient des composés phyto-œstrogéniques qui interagissent avec les récepteurs aux œstrogènes dans l'organisme. En imitant partiellement l'action de ces hormones, elle peut aider à atténuer le dérèglement vasomoteur à l'origine des bouffées de chaleur. La Commission E allemande (l'autorité de référence en phytothérapie) reconnaît officiellement l'usage de la sauge officinale dans le traitement de la transpiration excessive. [1]
La sauge agit également sur le système nerveux central via ses propriétés sur les récepteurs cholinergiques, ce qui explique en partie ses effets sur l'humeur, la concentration et les troubles cognitifs fréquents à la ménopause.
→ Si vous souhaitez savoir comment les troubles cognitifs affectent votre quotidien au travail, c’est par ici.
Avant tout, une règle d'or : toujours préférer les feuilles séchées ou les extraits normalisés plutôt que l'huile essentielle. Cette distinction est fondamentale, comme nous le verrons dans la section sur les dangers.
Les formes les plus courantes et les mieux tolérées sont :
Dans tous les cas, une cure ne devrait pas dépasser 4 à 8 semaines consécutives sans réévaluation médicale. L'Agence Européenne des Médicaments (EMA) recommande de ne pas dépasser les doses thérapeutiques et de consulter un médecin si les symptômes persistent. [2]
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La bonne nouvelle, c'est que les effets bénéfiques de la sauge en ménopause sont aujourd'hui soutenus par des preuves cliniques solides.
Sur les bouffées de chaleur, les études sont particulièrement encourageantes. Un essai clinique de référence a montré une réduction de 50 % de la fréquence des bouffées de chaleur en seulement 4 semaines de traitement, et de 64 % après 8 semaines. Les résultats portaient aussi bien sur l'intensité que sur la fréquence des épisodes. [1]
Sur la cognition et l'humeur, une étude randomisée contrôlée publiée dans Nutrients en janvier 2021 (PMID 33466627) a confirmé que l'extrait de sauge améliorait significativement les fonctions cognitives (mémoire, attention, concentration) chez des adultes en bonne santé. Des effets particulièrement précieux pour les femmes qui souffrent de brouillard mental à la ménopause. [3]
Sur le profil lipidique et métabolique, la revue pharmacologique de Ghorbani & Esmaeilizadeh publiée dans le Journal of Traditional and Complementary Medicine (PMC5634728) recense plusieurs essais cliniques démontrant que la sauge réduit significativement le LDL-cholestérol, les triglycérides et améliore l'HDL : un bénéfice non négligeable à une période où le risque cardiovasculaire augmente. [1]
Sur le SGUM (Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause), plusieurs études signalent un effet positif sur la réduction des sueurs nocturnes et la gêne liée à la sécheresse vaginale, bien que ces effets restent moins documentés que son action sur les bouffées de chaleur.
Enfin, des études pré-cliniques montrent des effets prometteurs sur la protection osseuse, la régulation de la glycémie et même des propriétés anticancéreuses, bien que ces effets soient encore trop préliminaires pour être traduits en recommandations cliniques.
Sur le plan antioxydant et anti-inflammatoire, la sauge est l'une des plantes les plus riches en antioxydants naturels. L'acide rosmarinique, le carnosol et l'acide carnosique qu'elle contient présentent une capacité de piégeage des radicaux libres comparable, voire supérieure, à la vitamine E. Ces propriétés sont particulièrement pertinentes en ménopause, période où le stress oxydatif augmente et où l'inflammation de bas grade joue un rôle dans l'aggravation de nombreux symptômes. [1]

Soyons claires : la sauge n'est pas une plante anodine. Elle est puissante, et qui dit puissant dit aussi risques en cas de mésusage. Voici ce que vous devez absolument savoir.
La principale substance responsable de la toxicité de la sauge, c'est la thuyone, un monoterpène cétone présent en grande quantité dans son huile essentielle. La thuyone est un neurotoxique : à doses élevées, elle peut provoquer des convulsions, des vertiges, des tachycardies, des vomissements, de la salivation excessive et des bouffées de chaleur paradoxales. [1]
La bonne nouvelle : la thuyone est présente en quantités beaucoup plus faibles dans les préparations aqueuses (tisanes, infusions) que dans l'huile essentielle. Une tisane préparée dans les règles de l'art ne vous exposera pas à ces effets.
La règle absolue : n'utilisez jamais l'huile essentielle de sauge officinale par voie interne. Sa teneur en thuyone est trop élevée pour être consommée sans risque grave. C'est d'ailleurs la position sans équivoque de Vidal et de l'EMA. [4]
En cas de surdosage ou d'utilisation prolongée (notamment des extraits éthanoliques concentrés), des effets indésirables peuvent survenir même avec des formes moins concentrées que l'huile essentielle :
Ces effets ont été documentés pour des consommations correspondant à plus de 15 grammes de feuilles par jour, soit une dose très supérieure à ce qui est recommandé en usage thérapeutique courant. [1]
C'est le point le plus important pour les femmes en ménopause. En raison de son action phyto-œstrogénique, la sauge est formellement contre-indiquée en cas de cancer du sein, de l'ovaire ou de l'endomètre, ou de tout autre cancer hormono-dépendant. [2]
Si vous avez des antécédents personnels ou familiaux de cancers hormonaux, ou si vous êtes suivie pour ce type de pathologie, ne consommez pas de sauge à visée thérapeutique sans avis médical. C'est la règle de précaution partagée par l'EMA, Vidal, et l'ensemble des sociétés savantes de phytothérapie. [6]
Quelques précautions à prendre avec la sauge dans certains cas spécifiques :
En résumé, la sauge officinale est une plante réellement efficace pour soulager certains symptômes de la ménopause, en particulier les bouffées de chaleur et les troubles cognitifs. Mais elle n'est pas sans risques, et son utilisation nécessite de respecter quelques règles essentielles : éviter l'huile essentielle par voie interne, ne pas dépasser les doses recommandées, et tenir compte de ses contre-indications, au premier rang desquelles les cancers hormono-dépendants.
Comme toujours à la ménopause, la meilleure approche reste une prise en charge globale, personnalisée et discutée avec un professionnel de santé. La sauge peut en faire partie, mais elle ne remplace pas un accompagnement médical adapté.
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La tisane de sauge est la forme la plus sûre à consommer, à condition de ne pas dépasser 1 à 2 tasses par jour et de ne pas en faire un usage prolongé sans avis médical. Elle contient beaucoup moins de thuyone que l'huile essentielle, et ses effets indésirables sont rares aux doses recommandées.
Oui, absolument. En raison de son action phyto-œstrogénique, la sauge est formellement contre-indiquée en cas de cancer du sein ou de tout cancer hormono-dépendant (ovaire, endomètre). Si vous avez des antécédents personnels ou familiaux dans ce domaine, consultez votre médecin avant toute utilisation.
L'association n'est pas recommandée sans avis médical. La sauge ayant des propriétés phyto-œstrogéniques, la combiner avec un THM pourrait entraîner un excès d'effet hormonal. Parlez-en systématiquement à votre médecin ou gynécologue.
Oui. L'huile essentielle de sauge officinale est très concentrée en thuyone, un composé neurotoxique et proconvulsivant. Elle ne doit jamais être ingérée. Même en diffusion ou en application cutanée, elle doit être utilisée avec une grande prudence et dans le respect des doses maximales.
Les études cliniques portent généralement sur des cures de 4 à 8 semaines. Au-delà, une réévaluation médicale est recommandée. Un usage prolongé sans contrôle expose à un risque d'accumulation des composés actifs et d'effets indésirables.
Non, la sauge ne peut pas remplacer le THM, qui reste à ce jour le seul traitement permettant une prise en charge globale de la carence hormonale. La sauge est une option complémentaire intéressante pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas prendre un traitement hormonal, mais elle agit de façon plus ciblée et moins complète.
Oui, c'est l'un de ses usages traditionnels les mieux documentés. La sauge a une action antisudorifique reconnue par la Commission E allemande, qui l'a approuvée officiellement pour "le traitement de la transpiration excessive". Des études cliniques confirment son efficacité sur les sueurs nocturnes liées à la ménopause.
Oui. La sauge peut interagir avec les anticoagulants, les antidiabétiques oraux et les traitements hormonaux. Si vous prenez l'un de ces traitements, consultez impérativement un professionnel de santé avant de commencer une cure de sauge.

Coline Levin
Rédactrice spécialisée en santé de la femme
Sources
[1] Pharmacological properties of Salvia officinalis and its components, Ghorbani A, Esmaeilizadeh M, Journal of Traditional and Complementary Medicine, 2017, PMC5634728
[2] First time proof of sage's tolerability and efficacy in menopausal women with hot flushes, Bommer S et al., Advances in Therapy, 2011
[3] The acute and chronic cognitive effects of a sage extract: A randomized, placebo controlled study in healthy humans, Benson S et al., Nutrients, 2021 Jan 14;13(1):218, PMID: 33466627
[4] Sauge officinale (Salvia officinalis), Vidal, 2024
[5] Sauge officinale – Wikiphyto, monographie phytothérapeutique
[6] Community Herbal Monograph on Salvia officinalis L., Folium, European Medicines Agency, 2009
[7] Effectiveness of Menosan® Salvia officinalis in the treatment of a wide spectrum of menopausal complaints: A double-blind, randomized, placebo-controlled clinical trial, Heliyon, 2021

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