Sommaire
Comment l'endométriose impacte les femmes au travail
3 astuces pour mieux vivre son endométriose au travail
Quand on vit avec l'endométriose, le travail peut vite devenir un défi de taille. Douleurs imprévisibles, fatigue qui s'accumule, passages fréquents aux toilettes, réunions à tenir malgré tout… 65 % des femmes atteintes d'endométriose déclarent que la maladie a un impact négatif sur leur quotidien professionnel. [1]
Pourtant, l'endométriose reste encore trop souvent un sujet tabou dans les entreprises. Les femmes concernées se retrouvent souvent seules face à leurs symptômes, sans vraiment savoir comment les gérer au bureau ni quels droits elles peuvent invoquer.
Chez Omena, on est convaincues que chaque femme mérite de s'épanouir dans sa vie professionnelle, sans que sa santé soit un frein ou une honte. Cet article est fait pour vous aider à mieux comprendre l'endométriose, identifier son impact concret au travail et vous donner des clés concrètes pour mieux la vivre au quotidien.

L'endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire et chronique. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (l'endomètre) en dehors de l'utérus : sur les ovaires, les trompes de Fallope, la vessie, le rectum ou d'autres organes pelviens.
Chaque mois, ce tissu réagit aux hormones comme s'il était à l'intérieur de l'utérus : il s'épaissit, saigne… mais ne peut pas s'éliminer. Ce phénomène provoque des inflammations, des lésions, des adhérences entre les organes et parfois des kystes. [2]
Selon l'OMS, près de 10 % des femmes en âge de procréer sont concernées, soit entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en France. [3] Ce chiffre en fait l'une des maladies gynécologiques les plus répandues, et pourtant, elle reste encore dramatiquement méconnue du grand public comme des équipes médicales.
L'un des problèmes majeurs est l'errance diagnostique : en moyenne, il faut 7 ans entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic. [4] Sept ans à souffrir sans savoir pourquoi, à entendre "c'est normal d'avoir mal", à travailler sur des douleurs intenses sans aucune prise en charge adaptée.
Les symptômes de l'endométriose varient considérablement d'une femme à l'autre, en intensité comme en nature. Certaines femmes traversent la maladie de manière presque silencieuse, d'autres vivent des douleurs quotidiennes invalidantes. Cette grande variabilité explique en partie pourquoi le diagnostic est si tardif.
Parmi les manifestations les plus courantes :
Ce qui rend l'endométriose particulièrement difficile à vivre au quotidien, c'est son caractère imprévisible. Une journée peut commencer normalement et basculer en quelques minutes avec l'apparition d'une crise douloureuse. Dans un environnement de travail qui valorise la régularité et la performance, cette imprévisibilité est épuisante à gérer.
À ce jour, il n'existe pas de traitement curatif pour l'endométriose. La prise en charge vise à soulager les douleurs, ralentir la progression de la maladie et préserver la qualité de vie. Elle est toujours personnalisée et évolue dans le temps selon les formes de la maladie et les projets de vie de la patiente.
Deux grands types de traitements coexistent :
En parallèle, une prise en charge globale et pluridisciplinaire est de plus en plus recommandée : kinésithérapie périnéale, suivi psychologique, ostéopathie, nutrition anti-inflammatoire. En 2022, le gouvernement français a fait de l'endométriose une priorité de santé publique avec le lancement d'une stratégie nationale dédiée. [7]
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Vivre avec des douleurs chroniques et travailler en même temps, ce n'est pas une mince affaire. Les femmes atteintes d'endométriose le savent mieux que quiconque.
Au quotidien, les symptômes créent des contraintes très concrètes dans l'environnement professionnel :
L'ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail) a documenté dans son guide dédié [8] les risques réels que cette situation fait peser sur les femmes concernées : isolement professionnel, perte de chances d'évolution, difficultés de maintien en emploi, voire désinsertion professionnelle dans les cas les plus sévères. Des conséquences qui s'ajoutent aux souffrances physiques et qui aggravent souvent les fragilités psychologiques.
À bien des égards, les conséquences physiques, psychologiques et économiques de l’endométriose au travail sont comparables à celles de la ménopause.
La fatigue liée à l'endométriose est souvent sous-estimée par l'entourage et les équipes managériales. Elle n'est pas la fatigue ordinaire d'une mauvaise nuit : c'est une épuisement profond, inflammatoire, qui ne cède pas au repos.
Elle est alimentée par la douleur chronique, les perturbations du sommeil, les traitements hormonaux et les interventions chirurgicales.
Dans ce contexte, les capacités cognitives sont directement affectées : concentration en berne, mémoire moins fiable, prise de décision ralentie, irritabilité.
Ce "brouillard mental" peut impacter la qualité du travail et créer chez les femmes concernées un fort sentiment de culpabilité de ne pas être "à la hauteur", d'être moins efficace, de solliciter de l'aide.
L'enquête EndoVie [1], menée en 2020 par IPSOS, Gedeon Richter et EndoFrance auprès de 1 557 femmes atteintes d'endométriose, confirme cette réalité : 65 % déclarent que la maladie impacte négativement leur quotidien professionnel, en raison des douleurs, du manque de concentration et des difficultés à se rendre au travail.
Une étude du CEET-CNAM [9] portant sur 1 662 femmes atteintes corrobore ces données et met en lumière les inégalités professionnelles que génère cette maladie.

Bonne nouvelle : vous n'êtes pas sans ressources. Il existe un ensemble de droits et de dispositifs pour vous permettre de mieux travailler avec l'endométriose.
Le médecin du travail est votre premier interlocuteur. Il est soumis au secret médical — il ne dira jamais à votre employeur de quelle maladie vous souffrez, seulement les restrictions d'aptitude à appliquer. Il peut préconiser des aménagements de poste adaptés à votre situation : mobilier ergonomique, réduction des déplacements, télétravail, horaires flexibles. [10]
Le mi-temps thérapeutique peut être mis en place à la suite d'un arrêt maladie prolongé, sur prescription de votre médecin traitant. Il permet une reprise progressive du travail, avec un salaire maintenu grâce aux indemnités journalières de la Sécurité sociale. [11]
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est accessible aux femmes dont l'endométriose impacte leur capacité à travailler ou à se maintenir en emploi. Elle ouvre droit à des aménagements de poste obligatoires pour l'employeur, des aides de l'Agefiph ou du Fiphfp, et parfois un accès à des postes adaptés. La demande se fait auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) avec votre médecin traitant. Elle est accordée pour une durée de 1 à 10 ans, renouvelable. [10]
L'Affection Longue Durée hors liste (ALD 31) peut être accordée dans les formes sévères et invalidantes d'endométriose, nécessitant un traitement de plus de 6 mois. Elle permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie par l'Assurance Maladie et la suppression du délai de carence de 3 jours en cas d'arrêt maladie. [11]
Aucune de ces démarches ne vous oblige à tout révéler à votre employeur. Vous êtes toujours libre de décider ce que vous souhaitez partager.
L'endométriose est une maladie invisible. Les douleurs ne se voient pas. Les nuits sans sommeil ne se voient pas. Et la plupart du temps, les femmes s'arrangent pour que ça ne se voie pas non plus.
Pourquoi ce silence ? Parce que parler de ses règles, de ses douleurs pelviennes ou de ses problèmes gynécologiques dans un contexte professionnel reste un vrai tabou en France. On craint d'être perçue comme moins compétente, moins fiable, ou de fragiliser sa position. On a peur qu'on sous-estime ou minimise ce qu'on vit, parce que ça arrive trop souvent.
L'enquête menée par l'association EndoFrance pointe cette réalité : les femmes atteintes d'endométriose travaillent souvent en situation de fatigue, compensent leurs retards sur leur temps personnel et subissent une perte de chances en matière d'évolution professionnelle. [8] En France, le sujet est encore très peu investi par les directions des ressources humaines, contrairement aux pays anglo-saxons où des politiques spécifiques de sensibilisation commencent à être mises en place dans les entreprises.
Ce silence a un coût : pour les femmes, bien sûr, qui s'épuisent à tenir à bout de bras une vie professionnelle et une santé en souffrance. Mais aussi pour les entreprises, qui font face à un absentéisme non anticipé, des tensions dans les équipes et une baisse de performance faute d'avoir pu adapter l'organisation à temps.
Briser ce tabou passe d'abord par l'information. Savoir que l'endométriose est une maladie réelle, fréquente, chronique et invalidante change tout : pour les femmes qui l'ont, pour leurs collègues, pour leurs managers. Depuis 2019, l'association EndoFrance a sensibilisé plus de 300 entreprises aux enjeux de l'endométriose en milieu professionnel, et l'ANACT a développé des outils concrets à destination des RH et des managers. Ce mouvement est en train de s'accélérer. [7]
Pour aller plus loin sur le sujet, n’hésitez pas à consulter notre état des lieux sur la santé des femmes au travail.
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C'est la priorité numéro un, et pourtant, beaucoup de femmes ne pensent pas à cette ressource. Le médecin du travail n'est pas là pour vous juger ni pour rapporter quoi que ce soit à votre employeur. Son rôle est précisément de vérifier que votre état de santé reste compatible avec votre poste, et de proposer des préconisations d'aménagement si ce n'est pas le cas.
Lors de la consultation, soyez aussi précise que possible : décrivez les symptômes concrets qui impactent votre travail (difficultés à rester assise longtemps, besoin de passages fréquents aux toilettes, crises douloureuses imprévisibles…), et les moments où vous vous sentez le moins en capacité de travailler. Plus le tableau clinique est clair, plus les recommandations seront adaptées.
Le médecin du travail peut aussi vous orienter vers d'autres démarches : RQTH, mi-temps thérapeutique, essai encadré si vous reprenez après une longue absence. C'est un allié précieux, et vous n'avez pas à vous battre seule.
Les aménagements ne doivent pas nécessairement être spectaculaires pour être efficaces. Dans le guide de l'ANACT [8], plusieurs pistes sont identifiées comme particulièrement aidantes :
Une règle d'or : associez-vous à la recherche de solutions. Vous connaissez mieux que quiconque les spécificités de votre maladie et de vos contraintes. Personne ne peut construire un aménagement adapté sans vous.
L'endométriose peut donner lieu à des droits très concrets, encore trop peu utilisés par les femmes concernées, souvent par méconnaissance ou par peur de la stigmatisation.
Si votre endométriose impacte significativement votre capacité à travailler, la RQTH peut être un vrai levier. Elle n'oblige pas à révéler votre diagnostic à votre employeur, mais elle lui impose légalement de prendre en compte vos restrictions d'aptitude et d'adapter votre poste. Elle donne aussi accès à des aides financières spécifiques et peut faciliter certaines démarches de formation ou de reconversion si nécessaire.
Pour les formes sévères, l'ALD 31 (Affection Longue Durée hors liste) permet une prise en charge à 100 % des soins et la suppression du délai de carence lors des arrêts maladie, un soulagement non négligeable quand les crises imposent de s'arrêter de façon répétée et imprévisible.
Enfin, si vous reprenez le travail après une chirurgie ou un long arrêt, le mi-temps thérapeutique est une solution de transition souvent sous-estimée : il vous permet de reprendre progressivement votre activité sans mettre en danger votre santé, tout en maintenant votre revenu.
N'hésitez pas à vous faire accompagner dans ces démarches par une assistante sociale, votre médecin traitant ou une bénévole d'EndoFrance. Vous n'avez pas à tout porter seule.
L'endométriose est une maladie chronique qui touche une femme sur dix : ce n'est pas un détail mais une réalité de santé publique qui mérite enfin d'être prise au sérieux dans le monde du travail. Mieux vous connaissez vos droits, mieux vous pouvez agir. Et si vous souffrez en silence depuis trop longtemps, rappelez-vous : consulter, s'informer et demander de l'aide, c'est le premier pas vers une vie professionnelle plus sereine.

Non, vous n'avez aucune obligation d'informer votre employeur de votre diagnostic. Seul le médecin du travail a besoin de connaître votre état de santé pour vous accompagner, et il est tenu au secret médical.
Oui, tout à fait. Le médecin du travail peut formuler des recommandations d'aménagement à votre employeur (horaires flexibles, télétravail, adaptation du poste) sans préciser le motif médical. C'est votre droit.
Oui, si la maladie réduit significativement votre capacité à obtenir ou conserver un emploi. Vous pouvez déposer une demande de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) auprès de la MDPH de votre département, avec votre médecin traitant.
Le mi-temps thérapeutique permet de reprendre le travail progressivement après un arrêt maladie prolongé. Il est prescrit par votre médecin traitant, validé par la Sécurité sociale et accepté par votre employeur. Votre salaire est maintenu grâce aux indemnités journalières.
L'endométriose n'est pas dans la liste des 30 ALD remboursées automatiquement. Cependant, dans les formes sévères et invalidantes, vous pouvez bénéficier d'une ALD 31 (hors liste) accordée par le médecin conseil de l'Assurance Maladie. Elle permet une prise en charge à 100 % et supprime le délai de carence lors des arrêts maladie.
Vous pouvez quitter votre poste pour gérer la douleur, sous réserve de régulariser votre absence dans les 48 heures par un arrêt de travail si nécessaire. Il peut être utile d'en parler en amont au médecin du travail pour anticiper ces situations sans qu'elles vous mettent en difficulté.
La loi interdit de licencier une salariée en raison de son état de santé. Des absences justifiées médicalement ne peuvent pas, à elles seules, constituer un motif valable de licenciement. Si vous bénéficiez d'une RQTH, la protection est renforcée.
L'association EndoFrance propose des ressources complètes, un guide du parcours de soins, et des bénévoles dans chaque région pour vous accompagner. L'ANACT met également à disposition un guide gratuit à destination des employeurs et des salariées, téléchargeable directement sur leur site.

Coline Levin
Rédactrice spécialisée en santé de la femme
Sources
[1]Enquête EndoVie - Synthèse des résultats, IPSOS, Gedeon Richter, EndoFrance, 2020
[2]Qu'est-ce que l'endométriose ?, EndoFrance, 2024
[3]Endométriose, Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 2023
[4]Comment adapter votre travail avec une endométriose ?, Mon Parcours Handicap, gouvernement français, 2026
[5]L'endométriose en entreprise : un enjeu de santé publique, Présoa, 2025
[6]Travailler avec l'endométriose, EndoFrance, 2025
[7]Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, Élysée, janvier 2022
[8]Guide « Endométriose et travail : comprendre et agir », ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail), 2024
[9]L'endométriose au travail : les conséquences d'une maladie chronique féminine mal-reconnue sur la vie professionnelle, Alice Romerio, Connaissance de l'emploi #165, CEET-CNAM, novembre 2020
[10]Endométriose et invalidité au travail : quels sont mes droits ?, Deuxième Avis, 2024
[11] Travailler avec l'endométriose - Droits et démarches, EndoFrance, 2025

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