Ménopause au travail

Comment le cycle menstruel impacte les femmes au travail ?

Sommaire

La santé menstruelle dans le monde du travail

Entreprises : quelles solutions pour améliorer la santé menstruelle au travail ?

Chez Omena, on explore depuis plusieurs années le sujet de la santé des femmes au travail. Impossible de passer à côté de la santé menstruelle. Vous le savez, les hormones féminines fluctuent tout au long du mois, y compris chez les femmes en préménopause. Dans cette période, les hormones sont en quantité réduite mais elles continuent d’impacter l’équilibre physique et psychique des femmes. 

Pourtant, la santé menstruelle des femmes est encore invisibilisée et silenciée dans la sphère professionnelle. Pire encore, une femme sur cinq a déjà subi des moquerie sou commentaires désagréables liées à ses menstruations au travail. 

Selon les données rapportées par le Sénat, 44 % des femmes ont déjà manqué le travail ou connaissent une personne qui a manqué le travail à cause des menstruations. [1] Dans cet article, nous levons le voile sur les conséquences du cycle menstruel au travail. Un article à mettre entre toutes les mains.

Évolution de la productivité tout au long du cycle menstruel

Parler de cycle menstruel au travail ne consiste pas à essentialiser les femmes ni à figer leurs compétences dans un schéma biologique. Il s’agit plutôt de reconnaître une réalité physiologique qui, lorsqu’elle est comprise, permet d’optimiser l’organisation du travail plutôt que de la subir.

1. Les règles : une productivité plus basse, mais plus lucide

Au moment des règles, les niveaux hormonaux sont au plus bas. Beaucoup de femmes décrivent une fatigue accrue, des douleurs, un besoin de ralentir.

La productivité peut être moins rapide, moins tournée vers l’extérieur. Mais elle n’est pas inexistante. Elle devient plus posée, plus réfléchie. C’est souvent un moment propice pour prendre du recul, analyser une situation, finaliser des dossiers de fond ou assurer un “service minimum” efficace sans se disperser.

Ce n’est pas une phase de contre-performance. C’est une phase de consolidation.

2. Phase folliculaire : l’élan de l’action

Après les règles, les œstrogènes remontent progressivement. L’énergie revient, l’optimisme aussi.

C’est une période dynamique, orientée vers l’action. Les femmes sont souvent plus enclines à lancer des projets, à avancer rapidement sur leurs priorités, à prendre des initiatives. On hésite moins, on exécute davantage.

Dans une organisation, cette phase peut être particulièrement favorable aux démarrages de projets, aux arbitrages rapides et aux périodes de forte charge opérationnelle.

3. Ovulation : le pic relationnel

Autour de l’ovulation, les œstrogènes et la testostérone atteignent un pic. La confiance en soi, l’aisance relationnelle et l’ouverture aux autres sont souvent renforcées.

C’est un moment clé pour tout ce qui relève de la communication : réunions stratégiques, négociations, prospection, prise de parole en public, travail en équipe, développement de partenariats.

Dans une logique B2B, cela interroge la manière dont on planifie certains temps forts commerciaux ou managériaux, sans rigidité mais avec intelligence organisationnelle.

4. Phase lutéale : exigence, analyse et créativité

La phase prémenstruelle est souvent caricaturée. Pourtant, elle ne se résume pas à l’irritabilité.

Les émotions peuvent être plus intenses, la sensibilité accrue. Mais cette période est aussi marquée par une forte capacité d’analyse critique, un regard plus affûté, une créativité parfois décuplée. Beaucoup de femmes deviennent plus sélectives, plus concentrées, moins dispersées.

C’est un moment pertinent pour relire, ajuster, challenger une stratégie ou affiner un projet.

Point de vigilance néanmoins : la communication peut être plus impulsive. Cela ne justifie ni stigmatisation ni mise à l’écart, mais invite à une vigilance collective sur la qualité des échanges.

Reconnaître ces variations ne signifie pas adapter l’entreprise à l’humeur du jour. Cela signifie comprendre que la performance n’est pas linéaire, et qu’elle peut être optimisée lorsqu’on cesse d’ignorer le cycle.

La santé menstruelle dans le monde du travail 

Règles douloureuses : quel impact sur le travail ?

Les règles douloureuses sont loin d’être marginales. Selon l’IFOP, 53 % des salariées menstruées déclarent souffrir de douleurs pendant leurs règles, dont 47 % des femmes entre 35 et 49 ans. Contrairement aux idées reçues, cela ne concerne donc pas uniquement les plus jeunes.

Crampes abdominales, maux de tête, contractions, fatigue intense : concrètement, ces symptômes rendent difficile une journée de travail “comme si de rien n’était”.

35 % des salariées menstruées estiment que leurs règles ont un impact négatif sur leur travail. Les difficultés évoquées sont très concrètes : se concentrer, rester debout longtemps, rester assise en continu, participer activement à une réunion, accéder facilement aux toilettes.

Ce ne sont pas des inconforts anecdotiques. Ce sont des freins réels à la performance quotidienne.

Zoom sur le syndrome prémenstruel au travail

Le syndrome prémenstruel (SPM) concerne entre 20 et 40 % des femmes en âge de procréer. Il survient pendant la phase lutéale, lorsque la progestérone est dominante.

Pour certaines, les symptômes sont légers. Pour d’autres, ils sont particulièrement difficiles à vivre : irritabilité marquée, anxiété, tristesse, baisse de moral, fatigue très importante.

On parle rarement du fait que cela peut représenter jusqu’à une semaine de souffrance par mois. Une semaine pendant laquelle la femme continue à travailler, manager, décider, performer.

Le sujet reste largement invisibilisé ou minimisé. Or, ces symptômes ne disparaissent pas en préménopause. Au contraire, cette période peut accentuer les variations hormonales et intensifier les manifestations du SPM.

Ne pas en parler ne les fait pas disparaître.

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Entreprises : quelles solutions pour améliorer la santé menstruelle au travail

Sensibiliser et ouvrir le dialogue 

La première étape est culturelle.

La santé menstruelle ne peut plus être considérée comme un sujet “privé” qui ne concernerait que les femmes. Managers, RH, directions : tous les profils doivent être sensibilisés.

Aujourd’hui, 92 % des femmes déclarent ne pas parler de leurs douleurs menstruelles à un manager masculin et plus de 70 % n’envisagent même pas de le faire. 

Plus d’une salariée sur trois estime que la santé menstruelle est sous-estimée en entreprise.

Ces chiffres disent une chose simple : le silence est la norme.

Ouvrir un espace de dialogue ne signifie pas obliger à se confier. Cela signifie permettre à celles qui en ont besoin d’exprimer une difficulté sans crainte d’être jugées, disqualifiées ou pénalisées.

Ne pas laisser les femmes gérer seules dans leur coin est déjà un acte managérial fort.

Proposer des conditions de travail adaptées à la santé des femmes 

L’adaptation passe souvent par des mesures simples.

Un peu plus de flexibilité en télétravail lors des jours les plus douloureux. Des équipements adaptés. La possibilité de se reposer sur le temps du midi. Un accès facilité à des professionnels de santé compétents. Des protections périodiques mises à disposition dans les sanitaires.

Mais au-delà des dispositifs, il y a le dialogue de proximité. Demander : de quoi as-tu besoin ? Comment pouvons-nous adapter ton organisation cette semaine ?

Il ne s’agit pas de créer un régime d’exception, mais d’intégrer la réalité biologique dans une logique de qualité de vie au travail.

Où en est-on du congé menstruel ? 

Un projet de loi étudié depuis février 2024 propose d’autoriser jusqu’à 12 jours d’absence par an sans certificat médical pour les femmes souffrant de règles incapacitantes. [4] Les premières versions du texte ont été rejetées, mais le débat est désormais public.

Il s’appuie sur des données marquantes : au cours de leur vie, les femmes passent en moyenne 2 280 jours en période menstruelle, utilisent environ 11 500 protections hygiéniques et consacrent entre 8 000 et 23 000 euros à leur santé menstruelle.

Deux tiers des salariés se disent favorables au congé menstruel. 

Les réticences exprimées viennent souvent des femmes elles-mêmes : peur d’être perçues comme moins investies, soupçonnées d’exagérer, de voir certaines opportunités professionnelles se fermer, ou d’être stigmatisées par leurs collègues et managers.

Le sujet ne se limite donc pas à un cadre légal. Il interroge la culture d’entreprise, la confiance et la maturité managériale.

La santé menstruelle n’est ni un caprice ni un détail. C’est un enjeu structurel de santé au travail. Les organisations qui choisissent de le prendre en compte envoient un signal fort : la performance durable passe aussi par la reconnaissance des réalités biologiques et par un management réellement inclusif.

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Coline Levin

Rédactrice spécialisée en santé de la femme

Sources

[1] Santé et bien-être des femmes au travail, Texte n° 537 rectifié (2022-2023) de Mme Hélène CONWAY-MOURET et plusieurs de ses collègues, déposé au Sénat le 18 avril 2023

[2] Enquête sur les difficultés à vivre ses règles au travail et l’attrait des salariées pour le congé menstruel Rapport d’étude de l’IFOP pour Eve and Co, 2022

[3] C’est quoi le syndrome pré-menstruel, Inserm

[4] Proposition de loi visant à reconnaître et protéger la santé menstruelle et gynécologique dans le monde du travail, n° 2227, déposée le mardi 20 février 2024, Assemblée Nationale

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